Avec le nouveau gouvernement, des réformes conformes aux projets du Président de la République, nouvellement élu en Mai 2007, afin de « sortir progressivement du vieux modèle sportif français » ont été mis en place autour d'un grand ministère « Santé et Sports ».
Cette nouvelle situation mérite un commentaire :
- Un changement de cap au niveau gouvernemental est sur les rails. La conception d'un ministère de plein exercice associant sports, jeunesse, éducation populaire, vie associative conformément aux missions classiques du service public de l'Etat depuis des décennies, dans ce domaine fondamental de l'activité physique et sportive de toute la population pour le développement de l'être humain, a donc été supprimé au bénéfice d'une restructuration gouvernementale.
- Il s'agit maintenant de réfléchir sur le sens de cette réorganisation dans la conception du rôle central de l'Etat et des questions qui vont se poser.
Quel avenir pour une vie associative sportive fédérée, fondée sur le bénévolat et l'engagement militant ? Les questions de la santé publique, des conditions de vie des familles et celles des possibilités effectives d'accès pour toutes et tous à des pratiques sportives associatives de qualité. Les financements publics du sport associatif amateur dans un contexte de marchandisation accélérée des APS. 100 ans après la création des premiers clubs ouvriers, quel avenir aux APS sur et/ou à partir du lieu de travail ?
Depuis l'élection présidentielle de mai 2007, quelles significations donner aux premiers actes du nouveau gouvernement ?
- Le budget des sports a été voté. Il représente 0.37% du budget de l'Etat. En valeur constante, les crédits provenant de l'Etat sont en baisse de 7.8%. Une part importante des crédit CNDS seront désormais affectés aux projets périscolaire (7.5 millions) ; les cotisations sociales des sportifs de haut niveau sont prélevées sur ce budget (32 millions)…
- L'éducation physique et sportive n'est pas épargnée par les réductions de postes dans la fonction publique. L'accompagnement éducatif en temps périscolaire voit le jour et va se généraliser à la rentrée 2008 (samedi matin et 16h-18h).
- Les acteurs privés sont de plus en plus invités à financer et gérer les équipements publics, voir certains événements sportifs.
L'affaiblissement des moyens de l'Etat et des politiques publiques durant les 20 dernières années a engendré une coupure de plus en plus nette entre le sport qui se regarde (le haut niveau, désormais géré selon les lois de l'économie du marché du divertissement médiatisé) et le sport qui se pratique (au quotidien par la population, abandonné bien souvent au secteur marchand). Pris entre les deux, le système sportif fédéral traditionnel est en souffrance.
Le budget promis n'est pas au rendez vous. Le service public du sport, comme tous les autres, est affaibli. Les priorités sont clairement affichées. La place du sport des clubs, du sport de la population en est réduite.
Dans quelques semaines auront lieu les élections municipales et cantonales. Là encore, des questions importantes se jouent du point de vue de l'avenir des pratiques d'activités physiques.
L'Etat ne se contente pas de réduire le service public national. Il prépare également des réformes visant également la réduction des moyens et du personnel des collectivités territoriales. Cela a déjà et va avoir des conséquences sur les capacités des collectivités à répondre aux attentes et demandes de la population.
Des enjeux de société bien réels, qui ne peuvent pas laisser le monde de l'éducation populaire indifférent.
Alain Delamare,
Président de la FSGT