Comment pérenniser les modes de garde en horaires décalés ? C'est la question à laquelle le rapport publié en septembre dernier par le service des droits des femmes et à l'égalité (SDFE) et la délégation interministérielle à la famille (DIF) veut répondre.
De nouveaux services. Souvent financés grâce à des crédits européens, les modes de garde en horaires décalés s'adressent à nombre de familles monoparentales à faible revenu ou dont les deux parents ont des horaires décalés. Ces gardes s'effectuent le plus souvent à domicile des parents ou des accueillants et prennent en charge l'ensemble de la fratrie, rompant ainsi avec les traditionnelles distinctions de prise en charge des enfants. Ces nouveaux services rencontrent tous des difficultés pour pérenniser leur financement en raison des contraintes de durée ou de publics liées aux critères d'éligibilité des fonds européens. Pour les auteurs du rapport, ces services qualifiés « d'accueil en relais » doivent répondre à plusieurs exigences : le respect du rythme des enfants, l'accueil des enfants ou des fratries de 3 mois à 12 ans, faciliter l'accès, le retour ou le maintien dans l'emploi, contribuer à une meilleure articulation des temps de vie, s'inscrire en complémentarité de l'offre existante soutenir le dialogue social et la responsabilisation des entreprises génératrices de travail en horaires décalés et enfin, offrir des perspectives d'emploi et de carrières aux professionnels du secteur des services à la personne.
Des propositions. Les rapporteurs proposent un ensemble de mesures déclinées en quatre axes :
- développer des diagnostics partagés au niveau des territoires,
- renforcer la solvabilité des familles et soutenir les services d'accueil,
- favoriser le dialogue social sur l'articulation des temps professionnels et familiaux au sein des entreprises et des branches,
- organiser et professionnaliser les services sur horaires décalés.
Pour faciliter le retour à l'emploi des bénéficiaires de minima sociaux et des demandeurs d'emploi , les auteurs préconisent que les collectivités mettent en place sur une durée de 3 mois, renouvelable une fois des CESU préfinancés et que les contrats d'insertion des bénéficiaires du RMI intègrent des dispositions relatives au financement des enfants de moins de 12 ans. Les entreprises sont également vivement incitées à utiliser le CESU en échange duquel elles peuvent bénéficier d'exonérations fiscales et de réduction de charges sociales. Afin de développer les financements, les auteurs recommandent aux pouvoirs publics d'étudier la possibilité d'élargir le bénéfice des crédits d'action sociale des caisses de mutualité sociale agricole (CMSA) et des caisses d'allocation familiales (Caf) aux structures fonctionnant en horaires décalés, de financer ces structures dans le cadre des contrats enfance et du volet emploi des contrats urbains de cohésion sociale.
Télécharger le rapport « Pour une pérennisation des modes de garde sur horaires décalés »
Voir le document