Chaque semaine d'ici les élections de mars prochain, nous vous proposons de découvrir ici le contenu du séminaire associations et territoires conduit dans le cadre du Master stratégies territoriales et urbaines proposé par Sciences Po Paris.
Les associations ont la cote en France . Une enquête conduite à l'occasion du centenaire de la loi 1901 faisait apparaître que 95 % des français avaient une bonne opinion des associations. Au hit parade des opinions favorables, les associations arrivaient en tête devant les entreprises, les média ou les syndicats. Actualisée en 2007 à l'occasion de l'élection présidentielle, l'enquête confirme cette hiérarchie, même si le chiffre des opinions favorables passe à 87% en faveur des associations.
L'Insee en février 2004, en recensant 12 millions de bénévoles et 21.6 millions d'adhérents de plus de 15 ans, soit près de 45% de la population française de plus de 15 ans, confirmait cet intérêt pour les associations.
Pour autant, la situation des associations n'est pas des plus sereines. Nombreuses sont les voix qui s'élèvent pour tirer la sonnette d'alarme sur les conditions de fonctionnement des associations : baisse des financements, mise en cause des subventions pérennes, difficulté à renouveler les dirigeants, situation financière catastrophique, instrumentalisation, déclin de la vie fédérative, concurrence déloyale des entreprises,… les griefs ne manquent pas.
Régulièrement les responsables associatifs s'expriment pour souligner, le peu d'intérêt manifesté aujourd'hui ,au- delà des mots, par les pouvoirs publics pour le fait associatif.
Les associations seraient invitées à se comporter comme des entreprises pour gérer leurs activités, à mobiliser la capacité contributive de leurs adhérents, ou bien encore à mieux investir le champ caritatif…, comme si l'on assistait à un transfert de la sphère publique vers la sphère privée de la question associative...
Nous disposons aujourd'hui de peu d'éléments d'analyse pour expliciter les raisons cette possible évolution. Nombreux sont les ouvrages qui décrivent le mode de fonctionnement des associations, qui expliquent la gestion des associations. Nombreuses sont aussi les approches historiques racontant l'histoire du mouvement associatif, décrivant le parcours de militants associatifs…Elles ne sont pas rares les contributions valorisant le rôle des associations dans le développement local et notamment dans le cadre de la politique de la ville.
Ils sont plus rares les regards à la manière de Pierre Rosavallon croisant tout à la fois l'histoire, la sociologie et la science politique pour rendre compte de la place occupée par les associations dans l'histoire de la société industrielle française et regarder de ce point de vue les profondes évolutions en cours .
Les associations en France, peut-être plus qu'ailleurs ont tout au long du 20ème siècle, accompagné l'action de l'appareil d'état. Elles ont été un levier important pour mettre en œuvre les politiques publiques.
De fait, les mutations que vit le tissu associatif aujourd'hui, les difficultés qu'il rencontre, les nouvelles pratiques que l'on observe ne peuvent être déconnectées des profondes transformations qui affectent depuis plus de 20 ans maintenant la société française dans son ensemble. Elles y contribuent même, et de la manière dont sera conduit la restructuration en cours du secteur associatif dépend pour une part la sortie de « crise institutionnelle » que nous vivons aujourd'hui.
Développement durable, démocratie participative, 6ème république, union européenne…., Regarder de ce point de vue multiple, le fait associatif doit nous permettre de le mettre en perspective, de donner un sens nouveau aux difficultés rencontrées par les acteurs associatifs, de mieux définir les enjeux auxquels nous devons faire face et par conséquent peut-être, d'esquisser les contours d'une nouvelle stabilité des associations.
Pour ce faire, nous procéderons en quatre étapes. Dans un premier temps, nous reviendrons sur la spécificité de l'identité française et son influence sur l'histoire des associations, puis nous évoquerons les liens qui tout au long du 20ème siècle se sont tissés entre les associations et les pouvoirs publics. Ceci nous permettra dans un troisième temps de mieux prendre la mesure des transformations radicales que nous vivons aujourd'hui. Enfin nous nous attacherons à dégager des éléments de propositions pour impulser un développement durable des associations au 21ème siècle.
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