Le modèle industriel français établit une césure et une hiérarchie entre l'économique et le social. La croissance économique est percue comme le moteur du développement social. Et de fait aux belles heures de la société industrielle, cette dynamique a fonctionné ou plutôt a semblé fonctionner, car la césure était plus apparente que réelle, les entreprises occupaient une fonction centrale dans l'animation des territoires. Le temps de travail était le pivot de la vie quotidienne, il synchronisait le fonctionnement de la société. Les entreprises au delà du travail, fournissaient bien souvent avons nous déjà signalé, le logement, la nourriture, les services médicaux, la culture...
De fait, de ce point de vue, la croissance économique, créant les emplois pouvait donc apparaître comme le moteur de la société tout entière. L'économie avait barre sur les questions sociales, culturelles ou éducatives...
Les lois de décentralisation, en créant des blocs de compétences réparties entre les collectivités publiques, ont reproduit et accentué cette dichotomie. Elles attribuent ainsi à la manière d'une poupée gigogne les compétences économiques à la région et les compétences sociales aux départements, semblant vouloir placer de fait les secondes sous la coupe des premières tout en faisant des entités bien séparées.
lire la suite